vendredi 11 juillet 2008
C’est le 28 juin dernier au carrefour des jeunes de Kita dans une salle pleine d’auditeurs, qu’a eu lieu une conférence-débat intitulée : la participation des femmes dans les activités de développement communautaire.
Cette conférence s’inscrit dans le cadre de la bonne gouvernance au Mali. Comme invités d’honneurs honorable Dr Omar Mariko, député de Kolondièba, honorable Oumou Coulibaly, députée de Niono et Mme Sidibé Kadiatou Traoré, conseillère municipale de Koutiala, tous du parti Sadi.
Honorable Dr Oumar Mariko nous présente Rosa Luxemburg
L’organisme Rosa Luxemburg est un organisme Allemand qui appuie financièrement le Kayira dans le cadre de la bonne gouvernance au Mali, Le projet concerne 12 thématiques qui seront animées dans les localités qui couvrent les aires d’écoute des radio Kayira.
L’initiative vise à sensibiliser et à informer la population malienne, en particulier les femmes ; des problèmes dont elles font face et ainsi propose des solutions à ces derniers.
Pour cet organisme, il s’agit de son premier partenariat en Afrique de l’Ouest. Ce partenariat a débuté il y a six mois et s’achèvera au mois de novembre 2008 prochain.
Son appuie financier touche 15 millions de FCFA, ce qui constitue un investissement très important pour le réseau de Radio Kayira. D’ailleurs le réseau Kayira souhaite un renouvellement de contrat avec cette organisation la fondation Rosa Luxemburg .
Dr Oumar Mariko nous expose de nombreux problèmes qui étouffent le Mali
Le mali est parmi les pays les plus pauvres au monde. Pourtant il regorge de nombreuses matières premières, notamment l’or et le coton.
En effet, le Mali est le troisième pays producteur d’or et deuxième producteur de coton en Afrique.
Malheureusement, l’or est exploité en quasi totalité par les multinationales, c’est-à-dire à 80%. Cela signifie que le Mali ne profite que de18 à 20% de cette ressource. Pour cette raison, le Mali fait face à une crise de mine d’or.
La crise scolaire est un autre grave problème dont fait face le Mali. Avant les années 68, la scolarité était gratuite et obligatoire. Aujourd’hui les écoles publiques ferment leurs portes aux dépens des écoles privées. Malheureusement le peuple malien n’a pas les moyens pour payer à leurs enfants une scolarisation privée.
Il faut tenir compte qu’une famille malienne est assez nombreuse aux ressources limitées, souvent insuffisantes. Seules les familles extrêmement aisées peuvent se le permettre. Les institutions publiques manquent gravement non seulement d’enseignants, mais aussi de fournitures scolaires.
Selon Omar Mariko, 47 % des écoles fondamentales ont moins de 6 enseignants dans les classes de 1ère année en 6ème année .
Pour la région de Sikasso et de Mopti, ce pourcentage augmente à 70 %. De plus les étudiants qui passent au DEF (diplôme d’études fondamentales) ne sont plus orientés. La majorité des ces élèves sont âgés d’environ 17 à 18 ans.
Pour le gouvernement, les écoles publiques constituent un fardeau pour les finances publiques. D’autres problèmes comme ; le problème des émigrés ; les problèmes de frontières ; la privatisation ont été abordés par l’honorable Mariko.
Les femmes sont interpellées à se regrouper dans les associations féminines et à s’impliquer politiquement.
Après l’intervention de l’honorable Dr Omar Mariko, l’honorable députée Oumou Coulibaly, députée de Niono prend la parole. Cette dernière encourage fortement les femmes à s’associer dans les associations féminines comme dans la couture, dans la teinture, dans les salons de coiffures, etc.
Elle a aussi incité les femmes à non seulement participer aux élections, mais aussi à s’y présenter comme candidates.
Elle s’est servie de son expérience comme exemple. Oumou était une paysanne à qui l’office du niger a exproprié son champ de 7 hectares, faute de retard de paiement de redevances eau. Par la suite, elle a prix la tête d’un regroupement d’une centaine de femmes qui dénoncent cette injustice.
Rapidement, elle s’est retrouvée emprisonnée avec plusieurs autres femmes de son association pendant toute une semaine.
Elle a été libérée grâce à l’intervention du parti SADI dont elle est actuellement députée à l’assemblée nationale malgré son analphabétisme.
Mme Sidibé Kadiatou Traoré, conseillère municipale prit le relève après honorable Oumou Coulibaly. Elle a abondé dans le même sens que sa ‘’sœur Oumou ‘’. Sidibé Kadiatou Traoré a aussi encouragé les femmes à n’est pas avoir peur de se présenter aux élections.
Elle a continué sur le même chemin en disant aux femmes de ne plus laisser les hommes se servir d’elles aux élections. Il faut savoir que les femmes représentent un peu plus de 51% de la population malienne. Malheureusement ce pourcentage est quasi inexistant dans la vie politique. En Effet, le pourcentage des femmes à l’assemblée nationale représente mois de 2% des sièges.
Oumar Mariko étanche la soif du peuple de Kita par ses réponses plus que satisfaisantes et dénonce certains ‘’soit disant musulmans’’ comme metteurs de barreaux dans l’épanouissement de la population.
La dernière partie de la conférence consistait à une période de nombreux questions et demandes de la part des auditeurs, qui pour la majorité étaient des femmes. L’honorable Oumar Mariko a su répondre convenablement à toutes ses questions et demandes. Le parti SADI forme opposition officielle au pouvoir.
Malheureusement, il est minoritaire. En effet, parmi les 147 députés de l’assemblée nationale, les députés de SADI ne représentent que 4 seulement parmi les 21 de l’opposition. Une poignée de main ne peut rien contre toute une armée a-t-il dit.
Il a aussi ajouté que lorsqu’il s’agit du projet de loi sur la peine de mort ou celle relative à l’excision, les musulmans viennent aussitôt s’en mêler. Pourtant ces mêmes personnes ne viennent pas proposer les solutions lorsqu’il s’agit de la crise scolaire, de la crise des mine d’or du Mali, de la privatisation, etc.
Finalement, la conférence s’est achevée avec les remerciements au réseau Kayira et a l’organisme Rosa Luxemburg de la part des auditeurs qui étaient plus de 200 personnes. Ils ont recommandé et encouragé le réseau Kayira à multiplier ce genre de conférences. Il faut tenir compte que les conférences sont très rares à Kita. Par conséquent, le peuple n’est pas du tout informé.
Par Boubacar Diallo et Moriba Koné